[Test] Star wars : Le Pouvoir de la Force II

Publié le par Radus

Oyez, oyez, fans de Star Wars ! Starkiller, l'apprenti surpuissant (cheaté, ouais !) de Dark Vador, est de retour dans Star Wars : Le Pouvoir de la Force II. Deux ans après ses premières aventures de Star Wars : Le Pouvoir de la Force (2008), et un petit détour par trois DLC sympathiques mais anecdotiques, ce sémillant jeune homme  revient en quête de son identité. Que vaut ce second opus ?

 

516Wo-zkDlL.jpgOh, c’est beau !

Le retour de Galen Marek/Starkiller aurait pu surprendre : la fin officielle du Pouvoir de la Force ne laissait en effet planer aucun doute sur le destin funeste du jeune Jedi. Un dénouement qui permettait d'ailleurs une intégration vraisemblable dans la mythologie Star Wars-ienne, conformément au souhait des développeurs. Les scénaristes ont donc trouvé une parade : ce n'est pas le vrai Starkiller qui est présent, mais son clone. Dark Vador a en effet décidé de créer un double de son ancien apprenti, et lui fait subir un entraînement intensif sur Kamino, planète natale de l'armée de clones de feu la République Galactique. C'est donc le destin de cette copie tourmentée par des visions issues de la mémoire de son modèle  que l'on prend en main. Et la première chose que l'on remarque au lancement de la campagne solo est la beauté de l'ensemble. Niveau réalisation pure, le constat est en effet flatteur. Les environnements traversés, bien que peu nombreux, sont fort jolis. Idem pour les personnages qui, sans être sublimes, ont un rendu plus que correct. Niveau son, cela ne se passe pas mal non plus, puisque les thèmes de John Williams sont là, et que le doublage français reste acceptable à défaut d'être transcendant. Seuls les gémissements de Starkiller  quand il prend des coups agacent de par leur fréquence. Enfin, comble du fan service, le héros peut désormais manier deux sabres laser en même temps, et l'on nous a promis une rencontre entre Starkiller et Maître Yoda. Tout va donc bien dans le meilleur des Mondes ?

 

« L'œil ne voit que la surface des choses, ne t'y fie pas »

Le conseil de Ben Kenobi à Luke dans le tout premier Star Wars trouve ici une incarnation parfaite. Certes, le soft est joli à voir et à entendre de prime abord, mais une fois la manette entre les mains, on déchante vite. Le scénario, d'abord. Starkiller, pensant que Vador va le trahir, s'enfuit et décide de partir à la recherche de ses anciens compagnons : le Jedi Rahm Kota, le Sénateur Bail Organa et sa bien-aimée Juno Eclipse. Mais est-ce vraiment un clone ? On ne le sait pas vraiment : le scénario est minimaliste et confus – le pire étant sûrement l'impression d'un flou volontaire, prémédité et assumé, qui poussera le joueur à télécharger les futurs contenus additionnels ou à acheter l'épisode suivant pour essayer d'y voir plus clair. Liée à cette histoire décevante, la durée de vie se fend de la même première caractéristique puisque l'aventure principale se boucle en cinq à six heures. Au prix actuel des jeux, cela fait très léger, surtout quand on voit que les environnements traversés sont très peu nombreux.

 

« Bon les gars, qui a des idées ? – Euh… »

Niveau gameplay, le jeu ne s'en tire pas mieux, les développeurs nous présentant une régression du premier volet. Starkiller semble avoir troqué sa deuxième arme contre toute once de subtilité : il se voit en effet délesté d'une bonne partie de ses combos, ce qui donne un aspect bourrin aux affrontements. On ne peut pas non plus se réjouir des nouveautés, puisqu’un seul nouveau pouvoir de la Force nous est offert, la fameuse persuasion jedi, qui remplace le quasi-inutile bouclier d’éclairs du premier volet. Par ailleurs, l’autre nouveauté, le second sabre, n’apporte strictement rien, pour la bonne et simple raison qu’il n’est pas utilisé. La recherche d'holocrons, qui permettait de prolonger la durée de vie du premier opus, se voit elle aussi retirer presque tout intérêt, lesdits holocrons ayant été placés sur le chemin du joueur. Enfin, on remarque une grande répétitivité dans les ennemis. Il n'y a que peu de types d'adversaires différents, ce qui donne l’impression de participer encore et encore aux mêmes affrontements. Les boss ne relèvent pas le niveau et sont finalement bien décevants, ne parvenant pas à se hisser au niveau des plaisantes joutes du premier volet. Le plus impressionnant et prometteur, le rancor géant aperçu dans les trailers, se révèle d’ailleurs être un plagiat éhonté des excellents scènes impliquant L’Epouvantail dans Batman Arkham Asylum. Une ultime preuve, s’il en fallait, du manque d’inspiration qui a frappé l’équipe de développement.

 

On connait les risques d’une suite, et le Pouvoir de la Force II, comme Devil May Cry II en son temps, est tombé dans le piège : c’est une séquelle bien inférieure à l'original qui nous est proposée. Alors qu'elle n'en est qu'à son deuxième épisode, cette série commence déjà à montrer de sérieux – et inquiétants – signes d'essoufflement. Entre une histoire sans grand intérêt (et dont les deux fins mènent grossièrement à des suites aussi invraisemblables l'une que l'autre), un gameplay sans raffinement et un côté répétitif peu commun, on ne peut que déplorer que LucasArt ait sabordé sa licence de cette façon. Même le fan de Star Wars aura bien du mal à se convaincre qu’on ne l’a pas roulé en beauté (c’est le cas de le dire). Le soft se révèle maladroit jusque dans son fan service, au mieux mal amené, au pire expédié tel une insulte à la figure de l’admirateur de la saga de Lucas. La Force est peut-être avec Starkiller, mais l’inspiration n’était certainement pas avec LucasArts.

  

Points positifs

- C’est beau !

- Voilà, on a fait le tour…

- Ah si, apparemment, il n’y aura pas de troisième !

Points négatifs

- Durée de vie risible (mais un rire jaune, hein) ;

- Gameplay en pleine régression et bourrin ;

- Histoire idiote, sans intérêt et s’insérant dans la mythologie avec autant de douceur qu’un bulldozer ;

- Les cris de pourceau de Starkiller ;

- Le fan service non maitrisé.

Publié dans Tests-Preveiws

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