[Test-Rétro] Mystical Ninja Starring Goemon

Publié le par Radus

Quand on évoque les jeux d’aventure sur Nintendo 64, on pense tout de suite à The Legend of Zelda – Ocarina of Time. Bombe graphique et sonore, le chef-d’œuvre de Big N proposait une quête longue, riche et servie par une jouabilité parfaite. Mais on en oublie aussi facilement un : Mystical Ninja Starring Goemon. Le soft de Konami, sorti six mois avant OoT, reste pourtant un magnifique jeu à même de contenter les amateurs de titres offrant ne serait-ce qu’un zeste de RPG, genre bien peu présent sur la 64 bits…

 

IMG.jpgHumour, humour, je précise !

Gambare Goemon est une série qui ne date pas d’hier. Avant le jeu qui nous intéresse, trois opus principaux étaient en effet sortis sur Nes et Super Nes. Titres de plates-formes et aventure, ils n’avaient néanmoins ravi que les petits Nippons (et les amateurs d’import). La N64 étant sortie, Konami se devait de proposer un nouvel épisode aux fans. Ce fut chose faite avec Mystical Ninja Starring Goemon, sorti en 1997 au Japon (et en avril 1998 en Europe). La formule a néanmoins quelque peu évolué : il s’agit en effet ici d’un jeu d’aventure-action mâtiné de plates-formes et de RPG. Le joueur contrôle un jeune ninja, Goemon, qui part à l’aventure avec trois de ses compagnons, Ebisumaru, Yaé et Sasuke, pour contrer le plan machiavélique des Shoguns de la Peach Mountain. Ces scélérats ont en effet attaqué le château d’Odeo, la ville natale de Goemon, et d’autres endroits stratégiques du Japon, afin de transformer le pays en scène de music-hall géante. Un scénario bien barré qui donne le ton d’un ensemble décalé. Le jeu, qui prend place dans un Japon médiéval, présente en effet de nombreux anachronismes : les ennemis se déplacent en vaisseau volant, ont des robots en guise de sbires, Sasuke est lui-même un robot-ninja et Goemon peut compter sur l’aide d’Impact, un automate géant digne d’un sentaï, star de cinéma d’action aux Etats-Unis, pour défaire les ennemis plus imposants. L’humour est également de la partie, avec des joutes verbales et situations pimentées par Ebisumaru, le pitre de la bande, et ce dès l’introduction. On découvre en effet Goemon  et ledit Ebisumaru fuyant d’une taverne car le second s’est dévêtu  au milieu de l’établissement, pensant ainsi obtenir une ristourne… Mais cette histoire pour le moins farfelue n’est pas le seul point fort du titre.

 

Un tuyau monté sur chaîne ? Eh bah ça ne fume pas que tu tabac…

La jouabilité, tout d’abord, est quasiment exempte de tout reproche, et se montre qui plus est variée. Le personnage que l’on dirige répond en effet au doigt et à l’œil à nos prérogatives. Sauter, ramper, frapper… Toute la panoplie de mouvements est là. Chacun des quatre protagonistes (on peut switcher à tout moment en pressant la touche C-Bas) possède trois armes ou accessoires qui le rendent unique. Ainsi, Goemon, qui se bat avec un tuyau, acquiert assez rapidement un grappin et peut jeter son argent à la figure des ennemis ; Ebisumaru récupère lui un appareil photo capable de faire apparaître les fantômes ; Sasuke peut geler des plates-formes brûlantes en leur jetant des Kunias réfrigérés, et Yaé pourra même tirer sur les opposants avec un bazooka. Des outils auxquels on peut ajouter un pourvoir spécial par trouffion (touche C-Haut) : la capacité de devenir minuscule pour Ebisumaru, la transformation en sirène pour Yaé, le super-saut pour Sasuke et une sorte de transformation en super-Goemon pour ce dernier. Une métamorphose durant laquelle ses cheveux noirs en épis se dressent et deviennent jaunes. Ca vous rappelle quelque chose ? On dirige ces quatre trublions dans des villages pour chercher des indices sur sa prochaine destination, s’équiper et sauvegarder, puis on arpente les routes de ce Japon fantasmé afin de rejoindre le prochain château (donjon). Ces derniers, au nombre de cinq (oui, c’est peu, on va y venir) se terminent bien évidemment par un boss détenteur d’un objet de quête. A ce programme quelque peu classique vient à plusieurs reprises s’ajouter une phase beaucoup plus originale : un combat de méchas ! Après une introduction digne des meilleurs/pires sentaïs, Impact, le robot géant à rollers star de cinéma, vient en effet prêter main forte à nos amis contre des ennemis gigantesques. Une bonne façon de varier encore le gameplay.

 

« I am the Best, yes, Impact !!! »

Autre point satisfaisant : la réalisation, tant sonore que graphique. L’atmosphère archi-nippone est en effet portée par une réalisation de haute volée. Coloré, varié, bien animé (pour l’époque), le soft ne souffre finalement que du fameux « brouillard de guerre » de la N64 qui, dans les lieux trop dégagés (les routes reliant villes et donjons) fait « popper » les ennemis devant nous. Il reste néanmoins l’un des jeux les plus beaux de l’ère pré-Zelda – Ocarina of Time. L’ambiance, déjà mise en avant par le rendu visuel, l’est encore plus par la partition sonore. Les différentes musiques sont en effet parfaitement dans l’esprit, nous offrant des thèmes aux accents terriblement japonais, mais interprétés de manière loufoque. Comble du bonheur, les quelques voix digitalisées présentes (aux changements de personnages et à certains moments de l’histoire), en plus d’être très bien encodées, sont en japonais. On remerciera d’ailleurs les développeurs de nous avoir laissé le mythique thème d’entrée d’Impact en version originale. Certes, on peut regretter que ces voix soient finalement assez absentes, laissant le soin au joueur de lire la totalité des dialogues. Cependant, on se souviendra aussi que le jeu tournait sur un support qu’on pensait alors peu propice aux nombreuses digits (le excellents Shadow Man et Perfect Dark nous ont finalement prouvé le contraire).

 

Durée de vie trop faiblarde et caméra un peu aux fraises

Si le test s’arrêtait là, Mystical Ninja Starring Goemon serait un jeu d’une qualité rarement atteinte. Malheureusement, le titre a également quelques défauts. Le premier d’entre eux est sans conteste sa durée de vie. Le jeu est en effet assez facile, et sa trame principale ne vous occupera a priori pas plus de dix heures. De plus, la seule quête annexe à même de prolonger le plaisir est la chasse aux statuettes de chat dorées et argentées, qui remplissent le rôle des réceptacles et quarts de cœur d’un Zelda. Elles se révèlent finalement simples à dénicher, et ne devraient vous offrir que trois à quatre heures de jeu supplémentaires. Le second point faible que l’on pourra évoquer est la gestion de la caméra. Cette dernière est en effet un poil capricieuse, le système pour l’orienter (maintenir R et appuyer sur un des boutons C) se révélant assez peu naturel et n’empêchant pas ladite caméra de se bloquer dans des coins. Dommage quand on sait que celle de Mario 64, pourtant pas parfaite, était mieux gérée, et que Zelda a lui réglé le problème en incorporant une touche de « recentrage ». Enfin, outre les désagréments du brouillard et du manque de digits, on pourra regretter que le jeu ne soit proposé qu’en anglais. Les allergiques à la langue de Shakespeare ne pourront ainsi pas profiter de cette belle et grande aventure, et c’est bien dommage.

 

Au final, malgré une durée de vie un peu faiblarde et quelques problèmes plus techniques qu’autre chose, Mystical Ninja Starring Goemon est incontestablement l’un des grands jeux de la Nintendo 64. Relativement méconnu (il ne s’est écoulé qu’à un peu plus de 300 000 exemplaires), il n’a pas eu le destin qu’il méritait. Beau, coloré, riche, varié, avec une bande-son sans fausse note et un gameplay aux petits oignons, ce Mystical Ninja fait définitivement partie des dix meilleurs softs de la console, et mériterait une ressortie en dématérialisé. Si Nintendo lit ces lignes…

Points positifs

- La réalisation graphique inspirée ;

- La bande-son de folie, avec les voix en japonais ;

- Le gameplay parfaitement calibré ;

- L’humour omniprésent ;

- Impact !

Points négatifs

- La durée de vie faiblarde. On en voulait plus !

- Un peu de clipping ;

- Le système de caméra perfectible ;

- Uniquement en  anglais pour les (nombreux) textes ;

- Peu de voix au final (mais là, je pinaille).

 

Publié dans Tests-Preveiws

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Kévin 28/09/2011 07:51


J'me disait bien que je connaissait! Tu me l'avait prêter il y a quelques années.


Radus 02/10/2011 21:21



Ah, c'est fort possible !