[Test] Homefront

Publié le par Radus

Toi, joueur fan des jeux d’action, tu veux rejoindre la Résistance américaine ? Lutter contre l’envahisseur de l’Est aux côtés de compagnons charismatiques ? Tu veux participer à d’excitantes opérations clandestines qui serviront à déstabiliser le régime totalitaro-communiste ? Alors ressors ta PS2/X Box/Game Cube, et achète un exemplaire de Freedom Fighters. Car Homefront, désormais disponible à 40€ 10€, ne tient pas ses promesses…

 

HomeFront-PS3.jpgThis is War !

THQ était pourtant ambitieux. Homefront devait en effet venir concurrencer Call of Duty sur son terrain, à savoir celui du FPS grand spectacle. La série d’Activision étant en effet devenue fort lucrative – et le Medal of Honor d’EA n’ayant pas proposé d’alternative crédible –, l’intention du studio californien était louable. Les choses s’annonçaient d’ailleurs bien, puisque THQ avait choisi de mettre l’accent sur LE point faible de ce type de jeux : le scénario. Exit donc l’attaque terroriste entraînant l’intervention du groupe de super Marines américains prisée par les CoD. Le pitch d’Homefront se veut plus ambitieux. La Corée du Nord, sous l’impulsion de son nouveau chef d’état Kim Jong-eun, a étendu son influence. Les Corées du Sud et du Nord sont en effet de nouveau unies en une grande République de Corée, qui a annexé des voisins, notamment le Japon. Les Etats-Unis, affaiblis par une semi-guerre civile due aux problèmes d’approvisionnement énergétique, ne peuvent endiguer la progression coréenne. L’inévitable se produit en 2027 : la Corée attaque les USA, qui abdiquent très vite devant l’organisation et la discipline coréennes. Alors que la population est déportée dans des camps de travail, et que l’armée, isolée, tente de se mobiliser, un mouvement de résistance voit le jour.

 

C’est dans cette ambiance inhabituelle que s’ouvre le jeu : le héros, Robert Jacobs, un pilote déserteur, est raflé par les soldats coréens, et placé dans un bus pour partir en « rééducation ». Il assiste aux exactions des sous-fifres de Kim Jong-eun : exécutions cruelles et sommaires, déportations gratuites, cadavres laissés à pourrir en pleine rue et autres joyeusetés. C’est alors que le bus est envoyé dans le décor par un autre véhicule. Connor Morgan (aucun lien avéré avec Dexter) et Rianna (non, pas la chanteuse), deux membres de la résistance, le prennent sous leur aile, et l’entraînent avec eux vers le QG de leur mouvement naissant. Ça a l’air intéressant, hein ? On ne s’emballe pas, ça va vite se gâter…

 

Le scénariste d’Apocalypse Now ? Bah mince...

Malheureusement, on se rend vite compte que le scénario, « co-écrit par le scénariste d’Apocalypse Now ! » (c’est écrit en gros sur la boîte du jeu), n’est pas aussi profond que ce qu’on a voulu nous faire croire. En effet, après 25 minutes de jeu, on comprend que Jacobs a été recruté pour son passé de pilote, et on entend parler de San Francisco. C’est trop gros ? Eh bien non, on finira bien  le jeu à San Francisco, pour la bataille du Golden Gate, et on aura droit à notre petite phase de pilotage d’hélico (bon, pour une fois, ce n’est pas du rail-shoot). Prévisible, dites-vous ? J’ajouterai manichéen : les Coréens sont en effet très méchants (mauvais traitements dans les camps, exécutions, tortures, fosses communes à ciel ouvert… Pas de respect, on vous dit), tandis que les Américains sont les pauvres victimes malmenées, poussés à la folie par l’inhumanité des envahisseurs (ceci dit, cet aspect est mis en scène dans ce qu’on qualifiera de meilleur niveau du jeu). Toute notion de nuance est absente, et le ton très sérieux et sombre de l’ensemble ne permet pas une interprétation caricaturale des choses comme cela pouvait être le cas dans Bad Company premier, par exemple. Non content de ne pas casser trois pattes à un canard, le scénario est donc emprunt d’un patrio-américanisme bêta. Comme un Call of Duty, quoi. Seul point « positif » : le solo ne dépassant pas les 5-6 heures, on n’a pas à supporter ça trop longtemps. À 70 ou même 40€ les 5 heures, ça fait quand même cher la purge.

 

Paye ton impression de déjà-joué !

Niveau histoire, ce n’est pas ça. Mais qu’est ce que ça donne point de vue technique (graphismes, son, mécaniques de jeu, gameplay, je regroupe tout) ? Eh bien ça ne donne pas grand-chose de bon non plus.  Le jeu ne tient pas la route face aux super-productions du genre, affichant un rendu sans saveur, quand il n’est pas carrément moche. Très peu d’effets visuels resteront gravés dans les mémoires, et le design des personnages ne relève pas le niveau. Rien de transcendant non plus en ce qui concerne l’aspect sonore : des compositions pathosso-grandiloquentes rythment les fusillades, et le doublage français (oui, je joue en français, car on est en France, sacrebleu) est tout ce qu’il y a de plus quelconque.

 

Enfin, niveau gameplay et mécanique de jeu, on reste dans le classique du genre : une configuration de manette FPS-ienne (on remarquera néanmoins que la glissade de Medal of Honor est absente), des gunfights entrecoupés de dialogues censés faire avancer l’histoire, le tout rythmé par des scripts parfaitement calibrés. Enfin, par des scripts… En effet, THQ, sans doute trop occupé à dilapider son budget en campagne de pub, semble s’être fourni chez scipts-du-pauvre.com. A l’image de Prison Break-The Conspiracy (on peut admirer la puissance de la référence), ces bouts de code insérés pour déclencher des actions à certains moments semblent détraqués : du PNJ qui court dans le mur à l’arrivée de nouveaux ennemis qui ne se fera que si on est à tel endroit avec telle personne, tout a un goût d’inachevé et, plus grave encore, de déjà-joué. Quelques idées, comme le Goliath (une sorte de gros tank automatisé qui sert à dégommer les cibles imposantes de certains niveaux), sont bonnes, mais rappellent d’autres jeux. Même constat pour le multi, classiquissime même s’il est bizarrement sympathique à jouer.

 

Que restera-t-il d’Homefront, au final ? Une bonne idée de base bien soutenue par une campagne de pub massive qui aura permis à THQ de vendre des millions de jeux. Des chiffres qui permettent à une suite d’être en chantier. En espérant qu’on ne nous resserve pas encore la même soupe, et qu’Homefront 2 saura assumer ses ambitions.

 

 

Les points positifs                         

- La mission dans la ferme ;

- La campagne marketing, un modèle du genre ;

- Quelques bonnes idées…

 

Les points négatifs

- … Très mal utilisées !

- C’est pas un peu moche, quand même ?

- Le scénariste d’Apocalypse Now a mal vieilli…

- La durée de vie du solo équivalente au minimum vendable ;

- Répétitif, pas inventif, buggué, les scripts à deux roubles… Bon, OK, je m’arrête.

Publié dans Tests-Preveiws

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