[Test] Call of Duty - Modern Warfare 3

Publié le par Radus

Au fil des années, Call of Duty a acquis le statut de licence mastodontique du jeu vidéo. Chaque épisode explose ainsi les records de vente du précédent, faisant de la saga l’une des plus vendues de tous els temps. Cela tient en grande partie au multi nerveux et arcade, dans lequel on peut courir en pleine map armé d’un sniper, enchaînant ces aberrations que sont les quick scopes. Ledit multi était souvent accompagné d’une campagne solo qui servait d’énorme tutoriel (cinq ou six heures, c’est long comme didacticiel). Un mode dispensable qui brillait souvent par sa mise en scène boostée au gros script qui tache. Malheureusement pour les amateurs de la série, le dernier opus en date, Modern Warfare 3, voit cette partie solo passer au premier plan, nous livrant un volet pas si ultime que ce que l’on aurait pu espérer…

 

modern-warfare-3-ps3_0900062988.jpgJe ne reviendrai que brièvement sur ma haine envers Call of Duty – Black Ops. La série Call of Duty étant basée sur un principe d’alternance des développeurs, c’est Treyarch qui nous avait livré ledit BO l’an dernier. Farci d’un mode solo sans intérêt (non, la mise en scène flashback de la campagne de Black Ops n’est pas révolutionnaire, et l’intrigue n’est pas intéressante) et plombé par un multi pollué par une communauté dégueulasse et une suprématie de la grosse connexion encore plus présente (en gros, la personne qui a une bonne connexion « voit » les choses avec de l’avance, ce qui lui donne un avantage), le dernier bébé de Treyarch cristallisait les critiques faites à Call of Duty. Si l’on y ajoute le traitement graphique immonde (toutes les maps multi présentent des couleurs criardes) et le manque d’innovations, on finissait d’enterrer un tout dans lequel le seul point positif est le mode Zombie. On l’aura donc compris, Modern Warfare 3 avait la lourde tâche de faire oublier ce détestable bousin. Et on va voir que ce n’est finalement pas le cas…

 

Parlons tout d’abord de la partie solo. Le jeu commence quelques minutes après la fin de Modern Warfare 2. Pour rappel, ce dernier s’achevait alors que Price et Soap venaient de tuer Sheperd, le traitre qui avait aidé Makarov à lancer son offensive sur les pays occidentaux. Dans le même temps, Frost s’était lui échappé de Washington et allait participer à la contre-offensive américaine. On retrouve donc les mêmes, avec un Frost impliqué dans la bataille de New-York et un Price qui tente d’évacuer Soap, salement amoché pendant le combat final de MW 2. Pour cela, le vétéran peut compter sur l’aide de Nicholai et d’un de ses amis, Yuri. Comme souvent dans les Call of, nous allons alterner entre ces deux groupes. Nous aurons donc des missions avec le groupe de Price (nous y incarnerons souvent Yuri), et d’autres avec Frost et l’armée US. On pourra également noter la présence de quelques niveaux avec d’autres personnages, notamment un garde du corps du Président russe ou un membre des Forces Spéciales britanniques. Il faut en effet signaler que cette campagne de Modern Warfare 3 va nous faire voyager comme jamais : on visitera la Russie, New-York, Hambourg, des pays d’Afrique et même notre bonne vieille France, puisque les gentils Marines US vont venir secourir les pauvres types du GIGN, complètement dépassés par les méchants Russes (on remarquera une nouvelle fois l’Américanisme primaire de la chose). Et force est de constater que cette campagne solo est diablement réussie. Si l’aspect visuel est une nouvelle fois à la ramasse (le moteur commence à se faire vieux), et même si la bande son est bien moins grandiose que celle d’un Battlefield 3, il faut bien avouer que la mise en scène sauve le tout. Les séquences sont délicieusement « What the Fuck », avec une surenchère de tous les instants parfaitement assumée. L’histoire n’est en elle-même pas passionnante, mais on prend plaisir à découvrir quelle nouvelle catastrophe va nous tomber sur le coin du râble. Bien sûr, le soft tombe dans ses travers habituels avec une IA aux fraises et sa fausse scène-polémique (celle des touristes anglais), mais le plaisir qu’on a à découvrir ce solo est bien plus prononcé que sur les anciens volets de la série. Un comble quand on se souvient de l’aventure un joueur plus que passable de MW 2. Ce solo se pose donc comme un réel point fort de ce MW 3. Ce qui est dommage, c’est que cela va être quasiment le seul.

 

Quel est donc ce sous-entendu ? Cela veut tout simplement dire que le multi de ce MW 3 est une réelle déception. Voilà, j’ai lâché le mot, les trolls velus et rugueux peuvent arrêter de lire tout de suite. On nous avait promis monts et merveilles. Afin de contrer notre ami Battlefield 3, Infinity Ward et ses 42 709 collaborateurs (le jeu a été conjointement développé par de nombreux studios), nous avaient assuré que le multi serait un mélange entre celui de Modern Warfare (apparemment le meilleur) et celui de MW 2, bien moins décrié que celui de Black Ops. Mais les défauts de cette itération renvoient malheureusement à ceux de BO. Des changements ont pourtant été opérés dans le système : les atouts (ces capacités spéciales qui octroient des bonus au joueur) dits noob ont été supprimés, comme le baroud d’honneur (le type que l’on vient d’abattre doit encore être achevé à terre alors qu’il peut nous aligner avec son arme de poing) ; la vitesse de déplacement des avatars a été un peu réduite ; des nouveaux packs de killstreaks ont été inclus ; les maps sont plus grandes ; on nous a promis une fin de la suprématie de la grosse connexion et un rééquilibrage des armes. Beaucoup d’ajustements qui devaient améliorer l’expérience. Il n’en est au final rien. Les packs de killstreaks, par exemple. Le soutien  devait favoriser les joueurs jouant avec armes difficiles ou les débutants en permettant le déblocage des bonus malgré les morts de notre trouffion. En contrepartie, les bonus obtenus devaient être non meurtriers. Au final, ils ont l’idée pourrie d’inclure le bombardier comme gros killstreak dans ce pack. On se retrouve donc dans des parties avec plusieurs de ces saloperies déclenchées. Le pack spécialiste, qui offre des atouts à la place des bonus est lui un peu mieux fichu, sans être révolutionnaire.

 

Les armes n’ont elles aussi pas été rééquilibrées : si le système de niveaux pour les armes est bien pensé, avec l’apparition des atouts attachés aux guns (atténuation du recul, impact plus fort, possibilité d’attacher deux accessoires,…), on se retrouve avec des fusils à pompe bien plus difficiles à utiliser, mais avec des UMP 45 toujours aussi puissants et précis à toute distance. Enfin, le plus gros problème de ce CoD reste encore et toujours la connexion. Activision se fiche visiblement du confort des joueurs en refusant de créer des serveurs dédiés sur consoles. Si l’avantage donné à la grosse connexion a été atténué, on se retrouve avec des gens ayant une connexion moyenne qui voient tout avec un temps d’avance. Vous « ragerez » ainsi souvent en commençant à tirer sur un ennemi qui vous alignera en deux coups alors qu’il a ouvert le feu après. Pourquoi ? Tout simplement car, comme le révèle la killcam, vous n’avez pas commencé à tirer de son point de vue. Les gens avec une connexion de très bonne qualité et ceux (comme moi) qui en ont une excessivement pourrie se retrouvent donc désavantagés, et ce malgré un système de matchmaking bien pensé qui tente de trouver des adversaires géographiquement proches afin d’optimiser le tout. Si Activision a promis de corriger ceci dans un patch, on ne pourra de toute façon toujours rien faire contre la diminution de la barre de vie de notre avatar. Celui-ci meurt en effet très très très vite, ne nous permettant plus de feinter les adversaires en sautant ou en nous couchant au moment du duel. Ajoutez à cela des maps plus grandes mais rarement inspirées, peu de nouveaux modes de jeu, un Survival jouable seulement à deux qui le rend plus intéressant à pratiquer en solo (un comble), et qui est donc bien inférieur au Zombie des Call of made in Treyarch, et vous obtenez l’un des multis les plus décevants de ces dernières années, qui arrive encore à être plombé par une communauté proprement immonde qui s’amuse toujours autant avec les UMP ou s’évertue à rester plus statique qu’un poteau télégraphique (n’hésitez pas à regarder la vidéo « Modern Campouze 3 » du youtuber Boolbiche, cela vous donnera une idée du phénomène).

 

En somme, ce Modern Warfare 3 a réussi à devenir un jeu plus plaisant en solo qu’en multi. Les promesses non tenues d’Activision et sa propension à se foutre du joueur en ne réglant que ce qui n’a pas vraiment besoin de l’être font que MW 3 ne pourra contenter que les vrais amoureux de la licence. Sans compter la communauté (pour l’instant) franchement dégueulasse qui peuple les serveurs. Techniquement dépassé, sans innovation valable et véritablement handicapé par son multi bancal (qui sera amélioré et complété par moult packs et patches qui bouffent de l’espace disque), Modern Warfare 3 ne mérite pas de se vendre par palettes entières. Si vous cherchez une expérience multi plaisante, c’est clairement vers Battlefiled 3 qu’il faudra vous tourner. Si c’est le solo qui vous botte (est-ce encore possible ?), MW 3 est fait pour vous.

 

Les points positifs

Les points négatifs

- La campagne solo réussie ;

- La réalisation datée ;

- La mise en scène ;

- Un gameplay qui ne bouge pas…

- Le mode Survie en solo ;

- La communauté multi non plus, d’ailleurs ;

- La comparaison avec le solo en bois de Battlefield 3.

- Le multi bancal et ses ajustements à côté de la plaque ;

 

- Le mode Survie jouable seulement à deux ;

 

- La suprématie de la connexion de Mr Tout-le-Monde ;

 

- Le multi de Battlefield 3, bien mieux fichu.

 

 

Publié dans Tests-Preveiws

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