Peter Moore évoque de nouveau la mort de la Dreamcast et l'arrêt de la production de consoles par Sega

Publié le par Radus

Peter Moore, celui qui avait annoncé au monde que la Dreamcast allait s’arrêter et que Sega devenait un éditeur tiers, est revenu sur cet épisode de sa carrière dans une interview accordée à IndustryGamers. Il en profite d’ailleurs pour clarifier certains points.

 

Dix ans. Cela a fait dix ans cette année que Sega s’est retiré du marché du hardware. En 2001, par la voix de Peter Moore, la marque au hérisson bleu annonçait en  effet qu’elle stoppait la production de Dreamcast et de consoles en général pour devenir un simple développeur/éditeur tiers. Une décision motivée par les ventes décevantes de la boîte blanche de Sega et de ses jeux porteurs (Shenmue en tête), qui succédaient au four de la Saturn, écrasée en son temps par la PlayStation de Sony. Un abandon jugé un peu hâtif par tous ceux qui auraient aimé voir Sega croire en sa console, dont le potentiel (jeu en ligne, capacités) est resté largement inexploité. Les déçus s'étaient d’ailleurs trouvé un bouc émissaire en 2008 quand Peter Moore avait déclaré à un journaliste de The Guardian qu’il avait dû « décréter cela à la place des Japonais. J’ai été obligé de licencier de nombreuses personnes, ce n’était pas une journée très plaisante ». C’était donc lui LE responsable, le salopard, le Diable. Une idée plus ou moins ancrée dans les esprits depuis bientôt trois ans que le principal intéressé vient aujourd’hui remettre en cause dans une interview accordée à IndustryGamers. Il s’explique en effet longuement quand on lui demande ce qu’est son plus grand regret :

 

« Ce n’était pas vraiment un regret, plutôt une grande tristesse quand nous avons dû annoncer la fin de la Dreamcast et admettre au monde entier que Sega, après vingt ans dans la peau d’un puissant acteur du marché consoles ayant une influence notable sur la direction prise par l’industrie, devait se retirer de la vente de consoles. D’ailleurs, c’est assez drôle de voir que mon évocation de ce jour dans les colonnes du Guardian a été mal interprétée. Quand je parlais de « décréter », je l’entendais dans le sens « annoncer » puisque c’est moi qui ai passé l’appel aux journalistes. Bien sûr, j’ai participé à cette décision, mais je n’en suis pas l’unique instigateur. Nous nous étions tous entendus – environ une demi-douzaine de personnes réparties dans le monde – sur le fait que nous devions réaliser certains chiffres annuels [en 2000] pour que la console subsiste, et ces chiffres n’ont tout simplement pas été atteints. Nous devions nous constituer une base [de clients], et nous n’avons pas réussi. Au final, ces objectifs sont devenus une condamnation, une prophétie inévitable. Et c’est moi qui me suis retrouvé avec cent journalistes au bout du fil au moment de l’annonce ».*

 

On se doutait bien qu’un seul homme ne pouvait pas prendre une telle décision concernant la politique d’une entreprise comme Sega, mais il est toujours utile de le dire, au cas où. Cette prétendue responsabilité n’avait de toute façon pas tué la carrière de Moore, qui est aujourd’hui une des gros bonnets d’EA.

 

*Le passage entre guillemets n'est pas une traduction mot pour mot (aussi appelée "Traduction Google" ou "Traduction à la serpe/hache/moissoneuse") mais une "vraie" traduction, à savoir une restitution des faits accompagnée d'un travail (fut-il minimal) sur la langue d'arrivée.

Publié dans News

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