[Cinéma] Dragon Ball - Evolution

Publié le par Radus

Chers tous, l'heure est grave. Après des mois d'inactivité, le moment est venu de sortir de ma torpeur. Point de test de jeu, de condensé de news ou de vidéo de carrière de joueur virtuel, cependant. Le retour se devait d'être grandiose, et pourtant « décalé ». On laisse donc les premières amours vidéoludiques de côté pour l'instant, et on rend compte du visionnage le plus traumatique de ces dernières années. Oui, j'ai regardé Dragon Ball - Evolution, et oui, j'ai bien envie d'en parler. Accrochez vos ceintures, les loulous. Ça va être long.

 

DBEAvant d'aborder le cas du Voldemort des adaptations, il convient de recontextualiser. Pour ceux qui ne sont pas sortis de leur grotte ces trente dernières années, Dragon Ball est un manga créé par Akira Toriyama paru de 1984 à 1995, et il a grandement participé à la popularisation du manga à travers le monde. Les aventures de Goku, le jeune garçon héros du bousin, furent ainsi un véritable phénomène de librairie, plus vendu que Tintin, et ce bien avant l'avènement de ce sous-clone qu'est Naruto (Niaisruto pour les intimes et les haters de grand chemin comme moi). Goku, donc, jeune garçon à la force prodigieuse, part à la recherche de sept boules magiques, les fameux Dragon Balls, qui une fois réunis permettent d'exaucer n'importe quel souhait, par le truchement de Shenron, le dragon sacré. Une sympathique petite histoire d'aventures pleine d'humour et de combats qui va peu à peu devenir une sorte de concours de KiKi avec des adversaires toujours plus puissants que celui d'avant, des mecs qui se balancent des boules de feu de la taille d'une planète et, accessoirement, des antagonistes pas si belliqueux que ça puisque l'un deviendra le mari caractériel de la meilleure amie du héros, tandis qu'un autre s'adoucira après avoir passé un an au contact d'un enfant de quatre ans qu'il a kidnappé. Eh oui, dit comme cela, ça fait méchammlent « PedoBear Spotted ».


 

Le succès de cette histoire, et particulièrement celui de la série animée qui lui sert d'adaptation, aura entraîné moult produits dérivés, bien entendu. De la figurine de 5 centimètre de haut vendue 3€ pièce aux cartes à collectionner (et à jouer, même si je n'ai jamais vu une seul gamin français jouer avec) en passant par les jeux vidéo et la vraie fausse suite en carton reniée par le créateur de la série lui-même, nous avons eu droit à à peu près tout et son contraire, et ce tout au long des années 90. On aurait pu penser que la fin officielle – et espérons définitive de la publication – et l'émergence d'autres titres bien inférieurs auraient fini par reléguer Dragon Ball au second plan. Mais cela était sans compter nos amis américains. Ces braves gens n'ont en effet découvert Goku, Végéta et toute la clique que sur le tard, au début des années 2000, et la création de tout un tas de produits – dont plein de jeux pour la plupart sympathiques – pour leur marché a ravivé l'intérêt pour DB. Cependant, rien n'aurait pu nous préparer à ce que les US allaient tenter : en 2002, la Fox acquiert les droits pour une adaptation live – avec de vrais acteurs – de Dragon Ball. Un truc que même les Japonais n'ont jamais essayé de faire, laissant les Taïwanais et les Coréens nous pondre deux trucs confidentiels à la fin de la décennie du disco.


 

Après sept – comme les Dragon Balls... – longues années de Development Hell, sort finalement Dragon Ball - Evolution. Sans projection test. Un 1er avril. Le film est réalisé par James Wong, une cinéaste américain d'origine chinoise à qui l'on « devait »  déjà Destination Finale 1 et 3, et The One, avec Jet Li et Jason Staham. Deux films d'horreur à pas cher pour un public d'ados attardés et un long-métrage d'action descendu par la critique mais qui réussit tout de même à rapporter presque deux fois son budget au box-office. Contrastons tout de même ce constat inquiétant en signalant que Wong est le scénariste de l'excellent American Horror Story. Devant la caméra, on récupère Justin Chatwin (vu dans le mauvais remake de La Guerre des Mondes par Spileberg, et dans un épisode de Lost) en Goku, Jamie Cheung  (à l'époque peu connue mais qu'on a depuis retrouvée dans Sucker Punch et Very Bad Trip 2 et 3) en Chi-Chi, Emmy Rossum (Le Jour d'Après, Sublimes Créatures pour son apparition la plus récente) en Bulma, et Randall Duk Kim (le maître des clefs dans Matrix Reloaded) en grand-père Gohan. Sont également présents, pour cachetonner, James Masters (Spike dans Buffy contre les Vampires, bordel) en Piccolo et Chow Yun-Fat en Roshi/Tortue Géniale. N'oublions pas, enfin, Eriko Tamura en Mai et Joon Park en Yamcha, deux acteurs-chanteurs asiatiques qui sont là pour apparaitre sur l'affiche, la première nommée ayant environ trois lignes de dialogue dans le film et le deuxième servant de sidekick rigolo qui arrive après plus de 40 minutes de film.


 

Goku et les fillesOn débute par une séquence d'introduction en images de synthèse nous explique qu'il y a des milliers d'années, un extraterrestre nommé Piccolo vint sur Terre pour mettre le bazar avec son singe géant de compagnie/disciple Oozaru. Alors que tout espoir semblait perdu et que l'humanité était au bord de l'extinction, un groupe de sages réussit à enfermer le démon sous terre, son Chihuahua simiesque se volatilisant après la défaite de son maître. Après cette petite leçon mythologique, on découvre Goku, un jeune homme que son grand-père Gohan force à se tenir debout sur des cordes servant à étendre le linge bien trop haut placées (oui, 2m20 c'est un peu haut), et qui aime se bastonner avec lui entre deux phrases philosophiques de vieux sage asiatique à deux francs. Goku, qui n'a toujours pas compris que « la première règle, c'est qu'il n'y a pas de règle » et qu'il doit « arrêter de se fier à ses sens parce que la vue, l'ouïe, le toucher, c'est du bulshit », est une nouvelle fois vaincu, finissant la tête dans les pastèques après que Gohan l'ait repoussé avec son gros Ki de la Grue. Le garçon, après la tentative de contrôle de Ki la moins convaincue de l'Histoire, annonce à son aïeul que de toute façon, même s'il y arrivait, cela ne servirait à rien puisqu'il n'a pas d'ami pour se vanter, et qu'il ferait mieux de lui apprendre à aborder les filles et à être normal. Son discours « la normalité, c'est surfait »  n'ayant visiblement qu'un impact modéré sur son petit-fils, Gohan décide de lui changer les idées en lui offrant Sushinshu, son Dragon Ball à quatre étoiles, lui contant la légende de ces derniers par la même occasion.


 

Goku et son hoodiePlus tard, après une séquence effroyable de bêtise durant laquelle Goku se fait écraser son vélo fraichement garé à côté d'une Twingo par la grosse brute du lycée, qui lui met un coup de pression quand demande de réparation est faite, et une tout aussi inutile scène en classe où Goku montre qu'il préfère fantasmer sur sa camarade Chi-Chi et écouter les histoires à dormir debout de son grand-père plutôt que de réviser ce qui concerne les éclipses, notre jeune ami à la  chevelure en pétard brise le pacte passé avec le Maître des Clés en agressant sauvagement tous les casiers du lycée avec son gros Ki. Chi-Chi, qui l'a vu faire, l'aborde de manière fort gauche et lui dit que, elle aussi, elle sait ce que c'est que le Ki. Quelques échanges d'une banalité affligeante plus tard, la jeune fille l'invite chez elle pour une soirée dans le château paternel. Pendant ce temps, sur un dirigeable de grand méchant, Spike... euh, Piccolo, toute capuche de gars trop dark sur la tête, lance une boule de feu sur un village de bouseux, incendiant les cahutes des défavorisés tandis que sa disciple de cuir vêtue, Maï, persécute deux survivantes et délivre sa seule ligne de dialogue de tout le film. Manque de chance pour nous, cette punchline dont l'efficacité ne saurait être contestée, est énoncée dans le patois local. Peu importe, Maï sort un Dragon Ball de l'étui donné par la plus âgée des deux « proies », puis abat cette dernière devant notre copinou Spikcolo.


 

Barres trop courtes DBEDe retour chez lui, Goku se prépare à partir à la fête de Chi-Chi pendant que le Maître des Clés lui prépare le goûter d'anniversaire le plus ignoble qui soit, avec pattes de poulet, pigeons grillés et gâteau d'anniversaire au menu. Il enfile sa plus belle chemise en jean et sa veste de cuir, prend son Dragon Ball et file en douce, laissant Gohan seul avec ses petits plats. Arrivé à la fête, le petit Goku décide qu'il en a assez d'être humilié par ses camarades. Il les provoque donc, et grâce à des esquives dignes d'un Matrix du pauvre, les amène à s'assommer les uns les autres, et ce malgré le fait qu'ils soient, à la surprise générale, tous 8e Dan de karaté. Même sort pour la grosse brute du lycée, qu'il amène à fracasser sa propre voiture à coups d'une barre de fer qui traînait par là. Il est lui-même battu par la sœur jumelle de ladite barre de fer, maniée par un de ses potes, dans un plan improbable d'idiotie où l'on voit d'ailleurs que ces deux génies parviennent à se mettre hors d'état de nuire avec des armes trop courtes pour s'atteindre... Bien joué les gars, vous venez d'offrir une superbe chance de briller à notre héros, et devant une Chi-Chi visiblement tellement sous le charme que Goku pourrait lui tataner la tête sans que cela diminue son degré de kiff.


 

La feteS'ensuit un dialogue d'une platitude extrême entre deux gamins visiblement aussi à l'aise en drague que moi, échange néanmoins ponctué d’une révélation : ce film contiendra des phrases à double sens sale après des ellipses, comme le magnifique « T'avais jamais fait ça avant ? - Si, des milliers de fois. Dans mes rêves...»  qu'on nous balance ici. Quelle joie. Ah, et la vérité sur Goku lui sera révélée à ses dix-huit ans. Malheureusement, il doit vite fuir la fête. Il a en effet senti dans la Force (ou un truc du genre) que son grand-père avait des soucis. Et pour cause : Spikcolo et Maï, toujours aussi bavarde, ont débarqué au chalet de la clairière de la forêt de la montagne, et ont fait s'écrouler la bâtisse sur le vieil homme parce qu'il ne voulait pas se laisser racketter son Dragon Ball. Comme tout héros de film, Goku arrive juste à temps pour les derniers mots de son papy, qui le charge de retrouver les Dragon Balls pour demander la destruction de Piccolo. Chemin qui passe par la rencontre de Roshi, Grand Maître de la bagarre qui habite à Paozu. Le tout avant une éclipse, bien sûr.


 

YamchaLe lendemain matin, tout s'accélère : Goku, qui arpente tranquillement les ruines du chalet pas si écroulé que ça, est agressé par une jeune fille avec un flingue et des mèches bleues du plus complet mauvais gout – eh oui, c’est Bulma – qui l'accuse d'avoir volé son Dragon Ball. Quiproquo, baston, ils font la paix et décident de s'allier pour atteindre leurs objectifs : il veut trouver Rohi et sauver le monde, elle veut récupérer les boules pour devenir encore plus riche et célèbre. Ils sont d'ailleurs équipés d'un Dragon Radar (oui oui, je sais, c'est dur), à-même de détecter les vibrations des balles du Dragon. Arrivés dans une grande ville pour trouver Roshi, Goku ré-active sa connexion intérimaire à la Force et sent la présence du vieil homme, alors que Bulma détecte un Dragon Ball dans une petite habitation en plein milieu d'un plan d'eau au centre de la grande ville. Roshi, puisque c'est sa cabane, les prend pour des cambrioleurs, quiproquo, baston, Goku mentionne son grand-père, explique tout à Roshi, qui décrète qu'il va accompagner la Schtroumfette et Ouin-Ouin pour les aider, d'une part, et entraîner Goku aussi. Sur la route, ils tombent dans un trou creusé par un bandit, Yamcha. Après un essai infructueux de séduction de Bulma à base de « si tu me sors de ce trou, je saurais me montrer reconnaissante ;-) », nos amis se rendent compte qu'un Dragon Ball est caché quelque part dans un mur. Yamcha, avec qui ils s'allient, sort alors sa méga-perceuse dont il se sert comme Greg le Millionnaire utilise son marteau-piqueur, et ils partent explorer la caverne derrière le mur du trou. Piccolo, lui, se méfie de Maï qui commence à essayer de parler, et préfère envoyer des créatures créées à partir de son sang plutôt que de lui offrir de la bagarre.


 

Kaméhamé BigPlus tard au même moment, Goku et le Scooby-gang sont, grâce à la magie du cut et du scénario mal écrit, sur le flanc d'un volcan en éruption. Comme par hasard, le Dragon Ball est isolé au centre de la lave, et les sbires de Spikcolo attaquent. Goku jette les assaillants dans la mélasse incandescente, se créant un pont, et récupère la balle. Peu après, dans le temple bouddhiste d'à côté du volcan en éruption, Roshi explique à Goku qu'il doit maitriser le Kaméhamé Ha pour être au top, puis part au lit pendant que le niais de service essaye d'allumer des bougies avec son KiKi. Il est surpris par Chi-Chi qui cherche à le motiver en lui permettant de faire un pas vers elle à chaque bougie allumée. Il y arrive, ils s'embrassent et éteignent les chandelles qu'il vient de mettre deux heures et demi à enflammer pour pouvoir faire leurs petites affaires tranquillement. Malheureusement, pendant que ça se bécotte, Maï s'introduit dans le temple, déguisée en Chi-Chi, et vole les boules. Goku, qui surprend un combat entre les deux Jamie Cheung, se trompe et met KO la vraie avant de lui-même être vaincu par la voleuse. Cette dernière s'enfuit, et va apporter les Dragon Balls à Piccolo, qui souhaite utiliser les pouvoirs de Shen Long (oui, il a changé de nom) pour se venger des gens qui l’ont enfermé pendant 2000 ans. Tout le monde se rassemble alors dans le désert pour le grand combat de la fin de la Mort. Roshi ne réussit pas à vaincre Piccolo avec le Ma Fu Ba, la grande technique secrète des Anciens Sages. Pire, il est tué par Oozaru, qui se révèle, ô surprise, être Goku qui se transforme à cause de l'éclipse. Le Mal est sur le point de triompher, mais Goku réussit à reprendre ses esprits en se souvenant des paroles de Gohan. Il retrouve forme humaine via une séquence de détransformation qui semble bien être celle de métamorphose jouée à l'envers si l’on remarque que la ceinture de son kimono LIDL se remet en place toute seule, et commence à affronter Spikcolo. Notre jeune ami, qui a revêtu son plus beau bas de pyjama pour cette grande bataille, décide qu'il ne peut vaincre le démon qu'en acceptant sa part bestiale, comme le lui disait Gohan. Il se concentre, commence à faire son Kamehamé Ha et déchire Piccolo. Shen Long est invoqué, Roshi ressuscité par le souhait et le film s'achève sur un combat entre amoureux Goku/Chi-Chi avant qu'une scène post-générique ne nous révèle que Spikcolo est encore vivant.


 

Goku se transformeEst-il besoin de le dire, Dragon Ball - Evolution est un film effarant. Non content d'être, avec Super Mario Bros., ce que l'on pourrait qualifier de Reine-Mère des idées d'adaptation à la con, le produit final est en lui-même proprement effroyable. Les personnages sont idiots, l'intrigue est au mieux paresseuse, au pire complètement ratée (en témoigne cette scène de volcan dont on se demande encore ce qu'elle fout là, si elle est la suite de la séquence de la méga-perceuse ou si le Dragon Ball ici récupéré en est un autre,…) et, vous l'aurez compris en lisant le résumé, l'ensemble est une véritable insulte à tous les fans de Dragon Ball. L’admirateur le plus imaginatif qui soit n'aurait lui-même pas pu cauchemarder un Goku en lycéen un peu looser, une Bulma sortie de Mad Max, une Chi-Chi allumeuse, un Yamcha blond peroxydé ou un Tortue Géniale avec des cheveux. Autant de tares auxquelles viennent s'ajouter des scènes de combat risibles, une réalisation sans saveur et un vrai problème de rythme dû au manque de folie insufflée dans la chose.


 

Kaméhamé MiniEn effet, il est vite évident que le film a été calibré pour être un vulgaire teen-movie d'aventures un brin ringard, qui va allègrement piocher du côté des hilms de super-héros aussi bien dans sa construction que dans celle de ses personnages. Ainsi, quand arrive la scène de la fête et le combat où Goku devine les mouvements de ses adversaires et effectue toutes sortes d'acrobaties en enchaînant les vannes, on ne peut s'empêcher de penser que tout ce début de film aurait largement pu avoir sa place dans une adaptation de Spider-Man. Le héros un peu trop fort qui veut éviter les ennuis mais décide de changer d'attitude par ras-le-bol et pour impressionner celle qui lui plaît rappellent étrangement les premiers pas de l'Homme-Araignée. Idem pour les leçons de vie de Gohan, qui le placent comme une sorte d'Oncle Ben du pauvre. La mort du vieil homme déclenchant par ailleurs le changement de vie de Goku, puisqu'il part ici à la recherche des Dragon Balls. C'est ici que la partie adventure-movie prend le dessus, sans plus de réussite tant la recherche des boules est décousue et au final peu compréhensible et/ou intéressante. Une simple quête d'objets peut pourtant être sympathique à suivre, comme le montre le récent Sucker Punch, pourtant truffé de séquences What the Fuck. La partie super-héros revient malheureusement pour le dernier acte, les proverbes sans saveur de Gohan permettant le retour à la raison puis l'avènement d'OozaGoku. Autant de faiblesses qui découlent toutes du choix du réalisateur.


 

Piccolo hoodieAdapter l'univers de Dragon Ball, fait d'hommes-chiens, d'aliens de tous poils et de maisons qui tiennent dans des objets de la taille d'un doigt nécessite un minimum d'esprit foufou, et les fans de la licence ne se seraient certainement pas formalisés d'un film avec des combats bien fichus et un brin d'humour un peu décalé à défaut d’une histoire forte. Or, Wong, par défaut de fantaisie, de liberté créative ou de budget (les 90M$ initialement prévus auraient été réduits à 50M$, Masters affirmant même que le budget véritable dépassait à peine les 30M$), s'est contenté de faire ce qu'il savait ou avait la latitude de faire : un film de bagarre (comme The One) pour adolescents (comme les deux volets de Destination Finale). Or, pour plaire à un plus large public que la simple communauté de fans de DB qui crachait sur ce projet dès l’annonce de l’achat des droits, il lui fallait livrer un produit moins hermétique, plus accessible qu’une adaptation stricto-sensu. On pourrait presque remercier Masters d’avoir sauvé Piccolo, puisqu’il a lui-même avoué qu’il avait pris l’initiative, avec sa maquilleuse, de rendre le Namek moins beau et physiquement plus inquiétant que ce que voulait la Fox à la base.


 

OozaruNe nous méprenons néanmoins pas : en dehors de cet aspect esthétique et, dans une moindre mesure, la caractérisation de Roshi, assez proche du Tortue Géniale original, il n’y a rien à sauver dans Dragon Ball – Evolution. Les acteurs sont peu inspirés, que ce soit parce qu’ils n’ont rien à faire là (Chatwin, Rossum ou le gars qui joue Yamcha) ou parce que malgré leur talent, ils sont handicapés par les personnages écrits (Masters, Cheung ou Fat) ; le montage est hallucinant de paresse et de mollesse, l’enchainement un peu aléatoire des séquences rendant même le scénario plus confus qu’il ne l’est. Intrigue qui semble d’ailleurs avoir subi de grosses coupes pour ne laisser que les dialogues mièvres les plus plats possibles au lieu d’expliciter l’histoire. Pourquoi la Lune est-elle pleine toutes les nuits ? Pourquoi Bulma et Chi-Chi sont-elles des allumeuses tirées du premier American Pie venu ? Si Piccolo a été enfermé pendant 2000 ans, d'où sort son super dirigeable de génie du Mal ? Pourquoi Maï fait-elle équipe avec lui ? Combien de temps Yamcha a-t-il pris pour creuser le troud du désert de 7 mètres sur 10 avec sa méga-foreuse ? Pourquoi Goku est-il considéré comme l’Oozaru d’il y a 2000 ans alors qu’il atteint tout juste sa majorité ? Autant de questions qui, à part la dernière, restent sans réponse, même après des recherches. Ainsi, si l’on se penche sur l’adaptation PSP du film – faut en vouloir, quand même –, on remarque que Piccolo annonce à Goku qu’il est un Saiyen envoyé en prévision du retour du démon. Vu qu’il semble peu probable que les développeurs aient fait cet ajout d’eux-mêmes, on se demande pourquoi certains détails très bêtes restent dans le film, et pourquoi cet élément pourtant important a disparu. Toutes ces interrogations ne font finalement qu'accompagner la principale : pourquoi Stephen Chow, qui officie en tant que producteur et s’était déclaré intéressé par le projet, n’a-t-il pas eu droit à un «  pressing »  de la Fox pour diriger le film. Ce garçon, à qui l’on doit Shaolin Soccer ou Crazy Kung-Fu, aurait largement pu créer quelque chose d’agréable et de foufou avec un budget aussi modeste que celui de Dragon Ball – Evolution. Après tout, il a bien réalisé l’an dernier l’adaptation de Journey to the West, dont est tiré Dragon Ball. Preuve que son envie de travailler sur un univers de ce genre n’était pas que passagère ou une déclaration « politique »  au moment de la sortie. Ceci dit, si vous devez tenter de regarder un film, vous savez lequel aller voir…


 

Publié dans Cinéma-Série

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