[Aperçu] Gotham City Impostors

Publié le par Radus

Il y a quelques mois, alors que Batman – Arkham City focalisait l’attention de tous les mordus de la chauve-souris (je sais, elle est facile), Warner annonçait la sortie prochaine d’un certain Gotham City Impostors, un MMOFPS destiné aux plates-formes de téléchargement (PC, PSN et Xbox Live Arcade) et prenant place dans l’univers de Batou. Si le parti pris graphique très marqué comics et les premiers artworks ne laissaient aucun doute quant à l’orientation résolument loufoque du titre, je dois bien avouer que ce développement m’avait laissé perplexe. Warner ne cherchait-il pas à trop tirer sur la corde Batman ? Après quelques parties sur la béta "fermée", et si tout est loin d’être parfait, on ressort quelque peu rassuré sur le potentiel du titre.

 

Vous ne voulez pas lire ? Vous voulez du gameplay ? La vidéo vous attend en fin d'article !

 

gotham-impostors-logo.jpgAh, les FPS. En quelques années, ces jeux où l’on défouraille gaiement des monceaux d’ennemis sont devenus des représentants incontournables des jeux vidéo. Aux pionniers Doom, GoldenEye et Quake sont venus succéder des jeux plus réalistes, comme Counter Strike, Battlefield ou Call of Duty, dont la dernière mouture, malgré sa qualité discutable, bat tous les records. Sans compter d’autres titres de qualité, comme les Halo. Si les mastodontes Battlefield et Call of Duty contiennent encore une campagne solo (heureusement pour Modern Warfare 3 qu’il l’a, d’ailleurs), le plus gros de ces jeux se trouve aujourd’hui du côté du multi. On peut ainsi passer des heures à déchirer la tête d’autres joueurs qu’on ne connait pas, les insultant si l’envie nous en prend (on s’en fiche, il ne saura jamais qui se cache derrière xXx TrIcKy Sh00t MaSTeR PGM xXx). Une tendance si forte que certains font carrément le choix du jeu uniquement multi, ou MMOFPS (Meufops pour Nathanaël de Rincquesen). C’est le cas de Counter Strike, avec le succès que l’on connait. Plus récemment, Brink aura connu plus de difficultés à faire son trou, les communautés n’ayant a priori pas compris que ce jeu reposait sur des objectifs à remplir et non sur le frag tout bête. C’est pourtant cette voie qu’a choisi Warner pour Gotham City Impostors, confiant le développement à Monolith Productions. Un nom qui doit rappeler de bons souvenirs aux amateurs de FPS du début des années 2000 : c’est en effet ce studio qui nous avait offert les deux excellents opus de No One Lives Forever, sorte de parodie des films d’espionnage des années 60 et 70 (en gros, un mélange entre un James Bond bien kitsch et Austin Powers). C’est également à ces joyeux drilles que l’on doit les F.E.A.R 1 et 2 et les deux volets de Condemned. Autant dire des types habitués à nous livrer des titres de très bonne facture.

 

Même en sachant cela, on a un peu de mal à se remettre de l’annonce : un FPS dans l’univers Batman ? Pourtant, et c’est un premier point surprenant, le concept et l’univers marchent plutôt bien. Ainsi, dès le lancement de la béta, nous avons droit à une cinématique d’ambiance : dans une ambiance graphique cartoon, Gotham City, pendant les absences de Batman, est le lieu d’affrontement de deux factions. D’un côté, les Bats, des types ordinaires inspirés par le Dark Knight qui, s’ils reconnaissent que la façon de combattre le crime choisie par Batou (jamais d’arme à feu) est la plus noble et la meilleure, ont eux choisi de détourner le symbole et affrontent à armes égales les criminels. Une catégorie dans laquelle on peut ranger les Jokerz, adorateurs du tristement célèbre Prince du Crime. Tout ce petit monde se fritte donc joyeusement quand Bruce Wayne a le dos tourné. Et joyeusement est clairement le bon terme : entre un aspect visuel franchement sympathique, fait de couleurs vives et de traits grossiers, une ambiance sonore réussie grâce aux vannes lancées par les deux camps au cours des combats et aux petites musiques loufoques, ou les modes de jeu fun (on va revenir sur le contenu de cette béta), on prend finalement un malin plaisir à opposer ces joyeux drilles. Il faut dire que le système de jeu aide le côté déluré du jeu. Si la prise en main est la même que dans Call of Duty, les personnages ont des possibilités que ne possèdent pas les avatars Call of-iens. On verra ainsi des rampes ou des colonnes de gaz dans les maps. Elles servent tout simplement à utiliser les gadgets équipables. Outre le grappin, qui s’utilise sur toutes les surfaces pour se déplacer plus vite à travers la carte, les rampes seront empruntables par les personnages ayant des rollers, et les colonnes de gaz permettront aux porteurs d’une sorte de cape de planer. Et ce ne sont que des exemples, le jeu permettant d’équiper 7 gadgets en tout, dont des chaussures à ressorts. La personnalisation des personnages ne s’arrête d’ailleurs pas là : outre les armes principales et secondaires, on peut choisir des grenades (là aussi délirantes), son apparence (plus le personnage est gros, plus il est résistant, mais lent, et inversement pour les avatars rachitiques) et sa voix. Le ton est ainsi paramétrable, donnant lieu à différentes répliques. On pourra enfin modifier le son en lui-même et donner à notre Bats/Jokerz une voix plus ou moins nasillarde ou endormie.

 

C’est bien beau, tout ça, mais que propose la béta in-game. Eh bien on peut prendre part à des matches de deux modes de jeux. Le premier, la Fumigation, s’apparente à la Domination de Call of et la Conquête de Battlefield. Nous devons donc capturer des points sur la carte, puis les défendre. Si le jeu apporte une petite variante dans la forme (chaque point est un diffuseur de gaz et la partie est gagnée quand la saturation en l’un des deux gaz est à 100%), on est ici en terrain connu. Cela est également le cas du deuxième mode, la Guerre Psychologique, qui demande aux joueurs de récupérer une batterie sur la carte et d’aller la placer sur une machine qui, une fois défendue pendant la mise en marche, lobotomisera les adversaires, les empêchant d’utiliser leur arme. Soit une forme un peu augmentée d’une Capture de Drapeau. Le tout sur deux maps inspirées de lieux célèbres de la mythologie Batman : Crime Alley (le quartier dans lequel les parents de Bruce Wayne ont été tués) et Amusement Mile (un parc d’attraction à thème). Ce n’est donc pas du côté des modes de jeu que l’on viendra chercher l’originalité, d’autant que le dernier mode annoncé (non présent dans la béta) est un classique Team Deathmatch. Elle n’est pas non plus au niveau des armes pures, très communes. C’est peut-être là que se situera d’ailleurs le principal défaut du jeu. Ce dernier est en effet très fun, mais pourrait se révéler limité en termes de contenu. Avec seulement trois modes de jeu au moment de la sortie, pour cinq maps (Gotham Power, The Docks et Ace Chemicals viendront s’ajouter aux deux disponibles en béta), le tout parait un peu léger. On pourra se dire qu’il s’agit d’un jeu en téléchargement (donc, logiquement, disponible pour 15€ grand maximum), et qu’il sera possible de nous proposer du contenu supplémentaire, mais l’expérience Brink (aujourd’hui bradé et déserté par les joueurs) n’inspire pas la confiance (bon, Brink était vendu au prix fort). J’éviterai de me prononcer sur les connexions et le système de matchmaking capricieux, puisque ma propre connexion connait de légers problèmes. En tout cas, le tout était moyennement stable chez moi.

 

Cependant, cela reste un détail, et pour le fan de Batman ou le joueur qui veut s’éloigner des multis parfois agaçants des mastodontes MW3 et BF3, ce titre constituera une jolie alternative à prix a priori réduit. On attendra la sortie officielle pour se prononcer sur les petits problèmes techniques (qui avaient d’ailleurs plombé Brink, encore lui…), mais ce Gotham City Impostors s’annonce bien sympathique, et confirme ainsi que nombre de bons FPS multi sont disponibles en téléchargement, à l’instar de Payday – The Heist.

 


Publié dans Tests-Preveiws

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